Traitement Cruel Des Vendeurs De Rue En Colombie

20 Juillet 2016

Par Pedro Luis Ramirez B.

sur la photo se trouve camarade Pedro Luis RamirezPedro Luis Ramirez B. est membre de l’équipe de vérification qui fait partie du Comité Exécutif de StreetNet International (SI). Il est également Président National de l’Unión General de Trabajadores en la Economía informel UGTI-CUT (Colombie). Ci-dessous, il parle de la situation des vendeurs de rue dans son pays.

Le monde  regarde avec complaisance, alors que le gouvernement colombien s’apprête à signer un accord de paix entre lui – même et la guérilla des FARC. On espère que cela mettra fin à la politique de violence qui a caractérisée l’histoire de notre pays au cours des 60 dernières années. La plupart des Colombiens voudrait exprimer leur soutien à cet événement.

Cependant, c’est le même gouvernement qui a décidé de déclarer la guerre contre les pauvres vendeurs de rue en adoptant un Code de Police interdisant leurs activités de vente. Ceci a retardé les progrès réalisés par les vendeurs dans leur lutte pour le droit de traveiller. Ces gains ont été officiellement reconnus par la Cour Constitutionnelle qui est la plus haute autorité judiciaire du pays. Les Maires locaux sont en train de faire une moquerie de ces gains constitutionnels. Ils ont procédé, comme cela est arrivé dans la ville capitale de Bogota, avec des persécutions et des traitements cruels des vendeurs de rue, y compris la confiscation de leurs biens.

Bien sûr, le Code de la Police est une des composantes d’un État policier organisé,  qui veut dissuader et prévenir l’émergence de la mobilisation et  protestation sociale dans une société caractérisée par des inégalités, injustices et iniquités. En ceci, la pauvreté est criminalisée; les pauvres sont stigmatisés comme une classe dangereuse. Les vendeurs de rue deviennent des « boucs émissaires » pour les actions de l’autorité gouvernementale. Le gouvernement utilise les médias pour justifier ses actions dans le contexte de la lutte contre l’insécurité urbaine. Cependant, son objectif réel est d’intimider la population qui s’éveille à la réalisation de la nécessité de défendre ses droits de citoyen et de la dignité.

A Bogota, les progrès ont été réalisés au cours de ces dix dernières années à cet égard, merci à la mobilisation organisée des vendeurs de rue et en consultation avec les gouvernements de l’à gauche démocratique, qui a remporté trois élections successives du gouvernement local. Les lois ont été élues afin de permettre l’utilisation économique des espaces publics et la protection des vendeurs de rue contre l’abus de la police et des maires, à travers la procédure régulière et des lois.

Ainsi,  les autorités de la ville sont obligées de changer leur comportement de persécution permanente des vendeurs de rue qui les a marquées tout au long de leur histoire au XXe siècle. Cette obligation est devenue plus claire après que la Cour Constitutionnelle ait constaté que dans un Etat de droit social, il est entendu qu’un vendeur de rue s’engage dans la vente en tant que moyen de subsistance, en raison de l’incapacité du gouvernement de garantir un emploi décent ; que les expulsions et confiscations l’empêchent d’exercer cette activité, entraînant le travailleur dans le chômage total ; et que cette approche non seulement ne correspond pas à l’exercice du pouvoir constitutionnelle qui nous gouverne, mais aussi aggrave le problème du chômage qui nous afflige en tant que société. Ainsi, l’activité d’un travailleur informel doit être comprise comme une solution qui contribue à la couverture des responsabilités qui ne sont pas couverts par le gouvernement, qui sont liées aux politiques de l’emploi et le droit au travail.

Cependant, l’arrivée du nouveau maire de Bogota, Enrique Peñalosa, a changé les questions. Penalosa est décrit comme ennemi des vendeurs de rue à cause de toutes ses actions pour éradiquer la vente de rue, détruire leurs organisations et violer leurs droits en tant que citoyens, dans son premier mandat pour la période de 1997-2000. Il y a eu des actions du gouvernement dans la même direction avec les expulsions, abus et confiscations. Elles sont illégales mais sont passées sous silence et plus que nécessaires pour la sécurité. Les vendeurs de rue sont présentés par les médias, comme les gens qui sont manipulés par des « mafias » de leurs organisations et les dirigeants qui les exploitent et co-modifient l’espace public.

Récemment, le juge a ordonné à Penalosa de rencontrer les organisations des vendeurs de rue; Il a dit publiquement qu’il ne le ferait pas.

L’UGTI, qui est devenu le cœur des Comités de District et Locaux dans la ville capitale, a joué le rôle principal dans le pays, dans le processus de l’amendement des lois et des pratiques de gouvernance qui criminalisent les activités en  permettant l’expulsion des vendeurs de rue.

Nous avons également organisé une mobilisation massive des vendeurs de rue en date du 29 février. Nous travaillons très dur pour accueillir une réunion à l’hôtel de ville – une forme de participation citoyenne qui permettra aux vendeurs de rue de confronter publiquement le maire actuel en ce qui concerne ses discours diffamatoires qui stigmatisent les vendeurs de rue, ainsi que les mesures inconstitutionnelles et illégales qui violent leur [droits] en tant que citoyens et travailleurs et forcer la consultation ainsi que le dialogue social.

sur la photo sont Pedro Luis Ramirez (dans la première rangée de gauche à droite) ainsi que les autres membres du Conseil de StreetNet International