Des durs efforts des vendeurs de rue au Rwanda aboutissent à des résultats positifs

9 Septembre 2016

Photos de vendeurs de rue déjà casés dans les nouveaux marchés dans la Ville de Kigali. Ils manifestent leur contentement aux marchés et en face de de leurs articles

Jeannette NYIRAMASENGESHO , Présidente du Syndicat des Travailleurs Indépendants de l’Economie Informelle (SYTRIECI), affilié de StreetNet au Rwanda, clarifie la situation des vendeurs de rue dans son pays, à savoir après la diffusion de l’information dans les médias sociaux par le gouvernement local Rwandais sur la construction de 12 petits marchés pour environ 8000 anciens vendeurs de rue dans la capitale du Rwanda – ville de Kigali qui seront exemptés des taxes pendant un an, ce qui signifie qu’ils ne paieront pas de loyer ou des impôts pour toute une année

Jeannette NYIRAMASENGESHO affirme : « la situation des vendeurs de rue a toujours été notre préoccupation. Le gouvernement rwandais, pour sa part, a déjà compris nos préoccupations en ce qui concerne ces vendeurs de rue.

Après négociation par SYTRIECI auprès de la Ville de Kigali où on dénombre la plus grande partie de ce groupe de gens, cette dernière est actuellement soucieuse de la création de nouveaux marchés à leur endroit pour pouvoir travailler dans des conditions les plus aisées.

A titre de rappel, le secteur informel au Rwanda est composé de plusieurs catégories des travailleurs qui se regroupent dans beaucoup d’organisations. Dans ce cadre, SYTRIECI s’occupe principalement des travailleurs vendeurs de rue et vendeurs de marché et autres travailleurs du secteur informel qui luttent pour vivre. C’est dans ce cadre que SYTRIECI, comme syndicat qui s’occupe aussi des vendeurs de rue et vendeurs de marché, a pris la charge de faire la plaidoirie à ses membres inscrits sans même oublier les autres qui ne le sont pas jusque là.

Photos de vendeurs de rue déjà casés dans les nouveaux marchés dans la Ville de Kigali. Ils manifestent leur contentement aux marchés et en face de de leurs articles

A la déclaration de la Mairie de la Ville de Kigali de réaménager la procédure de ces vendeurs de rue et de restructurer leur manière de transactions commerciales, SYTRIECI a suivi de près cette politique pour renforcer sa contribution stratégique et technique.

En effet, notre syndicat SYTRIECI, de sa part, avait adressé ses opinions et ses propositions écrites à la Mairie de la Ville de Kigali dans le cadre de canaliser les solutions possibles dans le sens qui favorise ces vendeurs de rue. A titre d’exemple, parmi les solutions que proposent la Mairie de la Ville de Kigali, il y a l’idée de les regrouper en coopératives pour leur permettre de travailler en ordre et sur objectifs de tirer maximalement profits de leurs actions. SYTIECI avait souligné cette stratégie avec insistance dans sa lettre adressée à la Mairie de la Ville de Kigali au mois de Mai 2016. Sur la liste des stratégies figuraient aussi la création des marchés, l’exonération des taxes et la création des Caisses de solidarité ainsi que de tontines.

Tout récemment, après maintes réunions de discussion du problème tenues entre les autorités de la ville de Kigali et les vendeurs de rue, la décision unanime fut celle de restructurer leurs méthodes de travail et de privilégier le regroupement en coopératives pour maximiser les profits et renforcer la solidarité.

En suivant de près cette décision, nous avons remarqué que la mise en pratique n’a pas été facilement respectée. Il a fallu d’autres entretiens pour renforcer la compréhension de cette politique. En même temps, la Mairie de la Ville de Kigali a mis en disposition des petits marchés construits à l’endroit des vendeurs de rue pour qu’ils puissent travailler en ordre et à l’aise. Dans tous les cas, nous suivons de près tout le processus et dans certains cas nous entretenons aussi des réunions avec les autorités locales pour étendre les négociations pour l‘octroi des places dans les marchés publiques. En agissant ainsi, SYTRIECI trouve cela positif. Cela étant, nous continuons sans cesse de veiller à ce que cette bonne pratique soit mise en pratique et puisse perdurer.

Ambulants expriment leur joie d’avoir un nouveau lieu de travail au petit marché de la ville de Kigali

En définitif, dans le cadre du Rwanda, le commerce de la rue semble ne pas être la meilleure réponse pour la vie harmonieuse des vendeurs de rue en ville. En effet, sans oublier que ce commerce constitue la fondation de leur survie malgré beaucoup de problèmes qu’ils rencontrent en vendant leurs articles sur la route, tout effort d’améliorer leurs conditions de vie forme le centre d’intérêt important pour SYTRIECI.

SYTRIECI continue les campagnes d’explication aux membres au sujet de ce changement. Ces campagnes analysent principalement l’avantage que les vendeurs de la rue peuvent tirer de cette nouvelle procédure si du moins tout cela est mis en pratique. Il sied bien de souligner que la bonne tentative de construire les marchés pour résoudre le problème des vendeurs de rue pose encore des défis qu’il faut pertinemment chercher à relever. D’une part, le nombre de vendeurs de rue est trop élevé par rapport aux marchés que le gouvernement vient de construire à leur intention. Seulement 12 marchés sont déjà achevés. D’autre part, les vendeurs de rue sont généralement dépourvus de moyens financiers à côté d’autres multiples difficultés de gérer leurs ménages. A cela s’ajoute les problèmes liés à la praticabilité de ces nouvelles procédures. En effet, tout changement exige un temps pour atteindre les résultats efficaces.

La réussite exigera aussi et surtout la mise en commun des efforts de différents intervenants. L’enseignement et la formation pratique doivent également continuer a être considérés pour l’amélioration des résultats.

Toutefois, SYTRIECI a toujours besoin d’expériences des autres pour pouvoir mener à bien ses actions à l’endroit des vendeurs de rue et d’autres travailleurs de l’économie informelle. Les moyens étant sensiblement limités, la conjugaison des efforts reste une priorité pour notre syndicat, mais aussi nécessite un coup de main de la part de nos partenaires.