DECLARATION DE STREETNET SUR LA SITUATION AU ZIMBABWE

StreetNet International, représentant 567 987 membres dans les secteurs des vendeurs de rue, vendeurs marchés informels et des colporteurs organisés dans 52 organisations affiliées issus de 48 pays d’Afrique, Asie, Amériques et Europe de l’Est, nous vous écrivons pour  vous adresser notre profonde préoccupation concernant la situation actuelle au Zimbabwe où les vendeurs de rue, les commerçants vendeurs des marchés informels connaissent apparemment  l’expérience d’une Opération Murambatsvina2.

(En 2005 l’Opération Murambatsvina-« Clear the Filth/Nettoyer les saletés »- perpétrée par le gouvernement Zimbabwéen sous l’ancien régime du Président Robert Mugabe contre les vendeurs de rue et vendeurs de marchés informels, pour détruire leurs maisons et lieux de travail, a choqué le monde.)

Dans l’actuel climat d’intimidation et de seuils de medias sporadiques, les bribes d’ information qui parviennent à filtrer sur la démolition des maisons, boutiques, des marchés et autres structures de ventes, les raclées des vendeurs dont l’infraction essaie de gagner leur vie dans une économie très affaiblie, créé une image cohérente des pires formes des violences et harcèlement dans le monde du travail- une question sur les projecteurs de la Conférence Internationale du Travail qui sera discutée pour la deuxième fois à sa 108 eme session à Genève du 10 au 21 Juin 2019, l’année du centenaire de l’OIT(Organisation Internationale du Travail) en vue de l’adoption d’une nouvelle convention de l’OIT et la Recommandation sur  l’élimination de la violence et le harcèlement dans le monde du travail- dont le Zimbabwe,  comme un Etat membre, s’attendra à soutenir et ratifier la nouvelle convention de l’OIT.

StreetNet considère de telles actions vers nos soeurs et frères au Zimbabwé, brutales,  inacceptables, en violation des Droits Humains et des Droits des Travailleurs. Dans une économie où il y a moins de 15,5% de toutes les  personnes actives  payés en tant que  salariés avec des contrats à durée indéterminée, obligeant une bonne partie des travailleurs  dans la population active à travailler dans l’économie informelle.

A notre avis, ces actions sur lesquelles nous avons reçu des rapports sporadiques sont en violation non seulement de la Constitution du Zimbabwe, qui stipule que « l’Etat et toutes les institutions ou organismes gouvernementaux à tous les niveaux doivent adoptés des politiques raisonnables et des mesures et offrir à tous l’occasion de travailler dans une activité librement choisie, afin de garantir une existence décente pour eux et leurs familles » mais également en violation de la plupart des Conventions et Recommandations de l’OIT Nous exhortons le gouvernement du Zimbabwe à adopter une manière plus inclusive pour traiter avec  les vendeurs de rue au Zimbabwe dans des forums de négociations avec des organisations des vendeurs de rue, y compris ZCIEA, l’affilié de StreetNet(Zimbabwe Chamber of Informal Economy Associations) qui a plus de 3500 membres sans emploi à cause de cette  opération, avec  ZIMCROSS partenaire de StreetNet(Zimbabwean Cross-border Traders’ Association/Association des Commerçants transfrontaliers zimbabweens) et autres structures parties prenantes. Nous exhortons le gouvernement du Zimbabwe à aller plus loin en libérant les militants emprisonnés de la Société Civile ainsi que les syndicalistes et de laisser la loi suivre son cours conformément aux normes internationales acceptées et dans le respect des droits humains.

Nous sommes solidaires de tous les vendeurs ambulants et vendeurs des marchés informels du Zimbabwe, et appelons à la fin de cette opération- une attaque contre les moyens d’existence des pauvres que le monde regarde.