2 milliards de personnes fortes : la reprise commence avec nous !

Les travailleurs de l’économie informelle du monde entier appellent unanimement à une transformation du modèle de travail en affirmant que « la reprise économique ne pourra pas se réaliser sans nous ! »

La plate-forme globale de solidarité des femmes dans l’emploi informel : le réseau de mondialisation et d’organisation (WIEGO Global Solidarity Platform) est une alliance de vendeurs informels, de travailleurs à domicile, de travailleurs domestiques et de récupérateurs de déchets. Le 1er mai 2020, nous avons publié la déclaration conjointe mondiale « COVID-19 et les deux milliards de travailleurs de l’économie informelle dans le monde », appelant les gouvernements à s’associer aux travailleurs de l’économie informelle pour les efforts de secours, de reprise et de résilience.

La déclaration était alignée et basée sur trois principes :

  • Rien pour nous sans nous : le principe par lequel on souligne l’importance d’inclure les travailleurs de l’économie informelle dans les processus de décision qui les concernent directement ;
  • Ne pas nuire : un appel à s’abstenir de la violence, du harcèlement, de la corruption, des expulsions forcées et de la démolition des biens des travailleurs ;
  • Voir la transformation : le principe par lequel on souligne la nécessité d’avoir un nouveau modèle de travail qui soit équitable et redistributif et reconnaisse les contributions et les valeurs de toutes les formes de travail.

Au cours du mois de juillet, la déclaration conjointe mondiale est devenue la base de la campagne de 2 milliards de personnes fortes : la reprise commence avec nous, qui entend mettre en lumière le travail essentiel effectué par les travailleurs de l’économie informelle dans divers secteurs et pays.

La première semaine de juillet a été dédiée aux vendeurs informels (vendeurs de rue, colporteurs et vendeurs transfrontaliers), et les alliances de travailleurs de l’économie informelle se sont réunies pour partager le travail de StreetNet International et de ses affiliés à travers des entretiens, des graphiques et des témoignages.

Lorraine Sibanda : « à moins que les gouvernements et les parties prenantes aident et soutiennent les travailleurs de l’économie informelle à se transformer et à passer à la formalité, il n’y aura pas de développement »

Lorraine Sibanda

Mme Lorraine Sibanda, présidente de StreetNet International et de la Chambre zimbabwéenne des associations de l’économie informelle, a expliqué à quel point la vie est très difficile en ce moment pour les travailleurs de l’économie informelle et comment cette plate-forme d’organisations réunies représente le soutien, la solidarité, l’encouragement et la motivation.

Lorraine a répété comment la contribution des travailleurs de l’économie informelle à combattre COVID-19 et la collaboration avec certains gouvernements démontrent l’importance des travailleurs et le fait de ne pas être une « nuisance publique » ou des « criminels », mais « des travailleurs et des citoyens éligibles qui s’intéressent également au développement de nos pays respectifs ».

Lorraine a déclaré que le moment pour inclure réellement les travailleurs dans tous les processus est venu – « Nous devons être à table et non pas sur la table ».

Annie Diouf : « Nous avons droit à l’aide et nous avons le droit d’être soutenus » :

Mme Annie Diouf, trésorière de StreetNet International et secrétaire confédérale du département de l’économie informelle de la Confédération nationale des travailleurs sénégalais (CNTS), a partagé les actions menées par les travailleurs lors de la pandémie COVID-19.

Le fait d’être exclus des plans gouvernementaux a fait les travailleurs de l’économie informelle s’organiser et présenter au gouvernement un document appelant à l’aide et au soutien. Ils ont agi « dans l’espoir d’être écoutés, entendus et soutenu » et devraient rencontrer prochainement le ministre des Finances.

Oksana Abboud : « De nombreux emplois sont devenus si précieux. Les emplois auxquels nous n’avons jamais pensé ».

Mme Oksana Abboud, coordinatrice internationale de StreetNet International, a expliqué l’importance de la déclaration conjointe mondiale « qui donne une voix mondiale, qui démontre une grande solidarité et une unité parmi les représentants des organisations de travailleurs de l’économie informelle ».

Oksana a souligné à quel point tant d’emplois, qui étaient sévèrement limités en raison des confinements, étaient soudainement perçus comme essentiels, comme la vente de nourriture abordable ou la récupération des déchets.

Oksana a également souligné l’importance d’impliquer les travailleurs de l’économie informelle dans la réalisation des plans de relance économique après COVID-19. Sans eux et sans leur travail essentiel, les plans pourraient échouer. Par conséquent, « les voix des travailleurs de l’économie informelle devraient être entendues, devraient être prises en compte, pour s’assurer que nul ne soit laissé pour compte ».

Au cours du mois de juillet, les organisations signataires de la déclaration conjointe mondiale partageront leurs travaux et attireront l’attention sur la situation des travailleurs de l’économie informelle pendant la pandémie. WIEGO promeut également une série de webinaires mettant en évidence les initiatives des travailleurs pour lutter contre le COVID-19 et garantir leurs droits.

La situation des travailleurs informels dans de nombreux pays reste critique. Plus que jamais, leur contribution essentielle au développement social et économique doit être reconnue. StreetNet International mobilise tous ses affiliés et sympathisants pour promouvoir les droits des vendeurs de rue, des colporteurs et des vendeurs transfrontaliers pendant la crise de la pandémie COVID-19. Suivez-nous sur Facebook et Twitter, et amplifiez notre message.