Saluons nos jeunes reporters sur le terrain !

StreetNet International a développé un nouveau projet, visant à mobiliser les jeunes militants et à combler le fossé de l’information entre StreetNet et ses organisations affiliées. Le projet de « Jeunes reporters sur le terrain » a été officiellement lancé en juin 2021 avec 11 participants, membres des organisations affiliées de SNI, de pays différents. Jusqu’en décembre 2021, ces jeunes reporters suivront des formations sur la communication et rendront compte des activités des vendeurs de rue et de leurs organisations.

Un projet de responsabilisation des jeunes

Dans de nombreux pays, les jeunes instruits, créatifs et assidus sont confrontés à de nombreux défis lorsqu’ils tentent d’entrer sur le marché du travail formel, ce qui ne laisse pas beaucoup d’opportunité pour un grand nombre de personnes. Le chômage des jeunes est un défi mondial qui pousse de nombreux jeunes à s’engager dans des emplois de l’économie informelle. Beaucoup de nos jeunes reporters sont actuellement inscrits à l’université ou sont déjà diplômés des universités, mais la majorité d’entre eux, pour joindre les deux bouts, a été obligé de commencer la carrière en tant que vendeurs de rue. Cependant, la plupart d’entre eux rêve de trouver un emploi dans l’économie formelle, notamment, celui de journaliste.

Ces jeunes ont beaucoup de potentiel et peuvent devenir de féroces défenseurs des droits des travailleurs de l’économie informelle, s’ils en ont la possibilité. Nous devons donc les responsabiliser – développer leurs compétences, présenter leur travail et les rapprocher de l’alliance mondiale de StreetNet dont ils peuvent tirer parti pour faire la différence dans leurs propres communautés et potentiellement devenir de grands leaders et inspirer les autres.

Réseautage pour une solidarité mondiale

Les jeunes vendeurs de rue sont un atout pour leurs organisations, mais ils sont souvent déconnectés les uns des autres. Comme les jeunes vendeurs de rue n’occupent généralement pas de postes de direction, ils n’ont pas les mêmes opportunités de participer à des événements internationaux pour favoriser la solidarité. C’est pourquoi les projets impliquant de jeunes vendeurs de rue de plusieurs pays sont importants pour que ces derniers comprennent qu’ils ne sont pas seuls, qu’il y en a beaucoup d’autres comme eux et qu’ils peuvent travailler ensemble, maintenant et, espérons-le, dans le futur.

Des alliances mondiales de travailleurs de l’économie informelle, telles que StreetNet, visent à favoriser la solidarité mondiale. Et c’est exactement ce que nous espérons réaliser avec le projet de « Jeunes reporters sur le terrain ».

Combler le fossé de l’information

En tant qu’organisation mondiale, StreetNet est présent dans plus de cinquante pays. Le défi est de collecter régulièrement des informations en direct, des histoires, des vidéos de qualité et des images de toutes les régions et de tous les pays. Beaucoup de nos affiliés ont également du mal à avoir une personne désignée, chargée de la communication, car, très souvent, d’autres problèmes urgents ont la priorité. Cependant, la communication est essentielle pour mobiliser les travailleurs, lutter contre la stigmatisation des vendeurs de rue, faire pression sur les décideurs et sensibiliser aux problèmes rencontrés par les travailleurs de l’économie informelle.

Voilà pourquoi, en formant les jeunes membres de nos organisations affiliées, nous pouvons amener leur communication à un niveau plus professionnel. Nous pourrons également disposer d’un groupe de défenseurs dévoués sur lequel nous pourrons appuyer chaque fois que nous aurons eu besoin de matériel de communication ou d’informations liées à la situation dans un pays ou une région concernée.

Cette stratégie privilégie StreetNet en tant qu’organisation mondiale et contribue aussi au renforcement des capacités de nos affiliés.

Communication pour le changement social

Ce projet va doter les participants non seulement d’aptitudes à la communication, comme savoir prendre une photo ou raconter des histoires, mais privilégiera aussi la promotion du changement social. Cela signifie connaître de nombreux autres problèmes, tels que comment utiliser des histoires à des fins de plaidoyer et être conscient des problèmes éthiques dans la représentation visuelle des vendeurs de rue. Cela signifie également apprendre à utiliser la communication pour influencer et changer la vie des gens de manière respectueuse, engageante et participative.

Selon notre coordinatrice internationale, Mme Oksana Abboud,

« la jeunesse est un déclencheur pour tout changement possible dans la société. C’est pourquoi l’accent et l’investissement dans la jeunesse seront toujours une priorité pour le développement et la stratégie de durabilité de StreetNet. Le project de « Jeunes reporters sur le terrain » est une excellente initiative pour commencer l’engagement actif et l’implication des jeunes dans les activités des affiliés de StreetNet à travers le renforcement de leurs capacités et en leur donnant les moyens de devenir les futurs leaders de leurs organisations et communautés ».

Qui sont nos jeunes reporters ?

Cliquez sur les images ci-dessous pour connaître nos jeunes reporters avec leurs propres mots ! Leur première mission est de nous parler un peu d’eux-mêmes, pourquoi ils sont devenus des défenseurs des droits des vendeurs de rue et pourquoi ils ont choisi la communication comme outil :

Denis Kalungi (UMAEU – Ouganda)

Je m’appelle Denis Kalungi. Je suis ougandais et j’ai 34 ans. Je suis né dans une ville appelée Lugazi. Mes parents travaillaient à la sucrerie de Lugazi. Cela m’a donné la chance de connaître et de devenir ami avec M. Mehta, le propriétaire de la société sucrière de l’Ouganda. Il m’a fait découvrir le golf et pendant que j’habitais là-bas, j’ai eu la chance de devenir un bon golfeur, car M. Mehta est propriétaire d’un club de golf.

M. Mehta a voulu me faire un bon golfeur et c’est pourquoi il a payé les frais de scolarité de mon baccalauréat en technologies de l’information à l’Université internationale de Kampa. Quatre ans après l’obtention de mon diplôme, j’ai commencé à travailler au marché Banda, qui se trouve à Kampala, la capitale de l’Ouganda.

Pour gagner de l’argent, j’ai commencé à travailler comme vendeur au marché. Là, j’ai entendu parler d’une réunion de l’Union ougandaise des marchés et des employés alliés (Uganda Markets and Allied Employees Union – UMAEU). J’ai enregistré la date et, le moment venu, j’ai assisté à la réunion. Pour toutes les questions qui ont été soulevées, j’ai réussi à leur proposer une voie à suivre. Et, en voyant une personne engagée, le Secrétaire Général de l’UMAEU m’a accueilli chaleureusement.

Cela s’est produit au moment où ils étaient sur le point de clôturer l’élection des prochains membres du Conseil exécutif. Mon nom a été suggéré et les gens ont voté pour moi en tant que secrétaire adjoint, chargé de la recherche. Cela m’a aidé à comprendre la justice sociale, les droits de l’homme et droits des travailleurs, ainsi que le syndicalisme à l’intérieur et à l’extérieur de l’Ouganda. Cela m’a également motivé à rédiger le plan stratégique de l’UMAEU, qui n’est pas encore mis en œuvre faute de fonds.

Étant donné que je suis actuellement pasteur de nombreux paroissiens de la communauté chrétienne de Kireka, enseignant et écrivain mondial du message de Dieu (à l’adresse https://awakeningsaints.org), je me sens responsable de tout impact économique et social sur la vie des gens.

Comme je suis originaire de l’économie informelle, je trouve que la communication est un excellent outil pour les vendeurs de rue et les travailleurs de l’économie informelle auxquels j’appartiens aussi. Nous avons rencontré des difficultés pour présenter des défis et parfois, lorsque nous en avons l’occasion, nous ne savons pas comment le faire. Aujourd’hui, je trouve important de créer un réseau à travers le monde et de mobiliser les jeunes militants qui ont été stigmatisés depuis si longtemps, avec l’espoir que ce soit le moment de se mobiliser et de combler le fossé d’information entre les vendeurs de notre syndicat et StreetNet à travers la narration, la collecte de données et la rédaction d’articles. Soyez béni !

Djenabou Sow (CNTG – Guinea)

Je m’appelle Djenabou Sow et j’ai 20 ans. Je suis militante, féministe, et je viens de Guinée-Conakry.

Le secteur informel est considéré comme nuisible par le secteur formel car il ne paie pas d’impôts et peut donc vendre à moindre coût. C’est un secteur où l’Etat ne contrôle pas les activités de sa population, où il n’y a pas de mesures d’accompagnement, pas d’assistance, et pas de directives juridiques et organisationnelles de l’Etat. Aujourd’hui, l’économie informelle est une activité liée à tous : aux immigrés, aux chômeurs, aux enfants en famille et aux enfants abandonnés, et aux femmes qui ont des responsabilités familiales et qui luttent au quotidien pour survivre. Ils essaient seulement de passer la journée. Ils ne sont pas pris en charge par la Caisse nationale de sécurité sociale. Cependant, ce secteur est devenu une préoccupation pour la plupart de la population.

La communication est liée à tout développement économique, social et culturel, qui affecte toutes les activités génératrices de revenus. La communication peut utiliser plusieurs canaux : montage et diffusion de vidéos, réalisation d’interviews, prise de photos, publication de magazines, publication et partage sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, LinkedIn et Instagram), qui peuvent immerger les gens et affecter leur réalité. Cependant, la communication n’est pas seulement réservée aux secteurs formels, elle peut également être utile pour l’économie informelle, notamment en Afrique. Mais la plupart des communications se sont concentrées sur les pays développés et le secteur formel. Nous devrions également en tirer parti pour soutenir les activités entrepreneuriales informelles.

Mes compétences sont diversifiées : j’ai effectué différentes tâches qui m’ont amené à être polyvalent. Mon éducation formelle en philosophie économique, gestion des médias sociaux, rédaction et collecte d’informations.

Edna Sibanda (SAITA – Afrique du Sud)

Je m’appelle Edna Sibanda et j’ai 21 ans. Je viens d’Afrique du Sud, de la capitale du Nord-Ouest appelée Mahikeng. Je suis vendeuse informelle, une entrepreneuse inspirée futur journaliste de radiotélédiffusion. Je suis membre de l’Alliance des vendeurs informels d’Afrique du Sud (SAITA), qui est un affilié de StreetNet International.

Tous les jours, les vendeurs informels sont confrontés à un grand nombre de défis. Le manque d’un plaidoyer approprié ne les aide dans aucune de leurs luttes. Le fait que je suis vendeuse informelle est l’une des raisons pour lesquelles je me soucie tant des droits des vendeurs informels. L’une des principales raisons pour lesquelles il est si important de défendre nos droits est la non-application des règlements et des politiques élaborées par les municipalités locales visant à faciliter le commerce, car, au fil des années, ces politiques se sont avérées nulles et non avenues.

J’ai choisi la communication comme outil pour défendre les droits des travailleurs de l’économie informelle, car c’est le moyen le plus rapide et le plus efficace d’obtenir des informations à travers le monde. Ces dernières années, les médias sociaux sont devenus un outil de communication le plus accessible et le plus fiable pour générer des commentaires en peu de temps. Cela prouve que la communication est le meilleur moyen de défendre les droits des communautés de travailleurs de l’économie informelle.

J’ai réalisé beaucoup de choses depuis que j’ai rejoint la communauté des travailleurs informels et j’ai développé beaucoup de compétences en peu de temps. Démarrer ma propre entreprise à l’âge de 17 ans a été la plus grande réussite jusqu’à présent dont je suis fière.

Dorcas Rachetée Ishimwe (SYTRIECI – Rwanda)

Je suis Dorcas Rachetée Ishimwe. Je suis Rwandaise et j’ai 21 ans. J’éprouve de la passion pour le plaidoyer pour les gens et la communication de masse en général. C’est pourquoi je suis actuellement bachelière en médias de masse et communication.

Je suis chargée de communication dans une organisation appelée SYTRIECI, qui est affiliée à StreetNet International. J’ai commencé à travailler pour cette organisation à l’âge de 18 ans, et cela m’a permis de poursuivre mes études de communication. J’ai beaucoup appris au cours de ces presque quatre ans que j’ai passées avec SYTRIECI et maintenant je peux dire que la défense des droits de l’Homme fait partie de ma vie.

J’ai grandi à Kigali, la capitale du Rwanda, avec mes trois jeunes frères et mes parents. Quand j’ai des minutes libres, j’aime prendre des photos, écrire et lire. A grande surprise pour les autres, je fais tout cela en écoutant de la musique. J’aime aussi voyager, même si je n’ai pas pu le faire autant que je le voulais en raison de COVID-19. Espérons que cela se terminera bientôt.

Récemment, j’ai été sélectionné pour être l’une des jeunes reporters de StreetNet International sur le terrain et je suis très excitée et ravie de cette nouvelle opportunité. Je vous souhaite à tous une belle et bonne vie à venir !

João Lucas Gama (UNICAB – Brésil)

Heureux de vous rencontrer. Je suis João Lucas Gama ! J’ai grandi dans un endroit appelé Camaragibe, à la périphérie de Recife (où je vis actuellement). Je crois que personne n’est seul, alors avant vous parler de moi, je dois d’abord parler des autres.

Je suis le fils d’une femme dont le nom est Ywanoska, une originaire russe en terres latino-américaines et qui, elle seule, pourrait être héroïne d’un excellent roman d’un réalisme fantastique. Enseignante fortement influencée par les idées de Paulo Freire, elle a cherché à pratiquer une éducation libertaire et socialement engagée. Passionnée de littérature et d’art du narratif, elle a fini par me donner l’habitude de lire et, grâce à elle, j’ai commencé à créer mes propres parcelles.

Je me souviens que pendant ses jours de congé, quand nous allions à la plage ou au parc, elle restait assise pendant des heures, nous observant toujours, alors qu’elle feuilletait des livres et des magazines qu’elle ne pouvait pas lire pendant les semaines chargées. À ces moments-là, je la regardais de loin et je me disais : « un jour, j’écrirai des histoires pour elle, pour qu’elle puisse lire quand elle n’aura plus à travailler ».

Les années ont passé et j’ai pu étudier le journalisme. Pendant mes études, je me suis engagé dans l’activisme politique à la mi-2013, alors que le Brésil s’apprêtait à accueillir la Coupe du monde. A l’époque, plusieurs mouvements commencent à émerger et / ou à gagner en notoriété à Recife, instituant le Droit à la Ville et proposant de repenser l’espace urbain. Parmi eux, un mouvement particulier a retenu mon attention : le Syndicat des travailleurs du commerce informel de Recife (SINTRACI).

Sa forme juridique d’organisation autonome a été, pour moi, une expérience transformatrice, car elle semblait annoncer une nouvelle avant-garde syndicale qui s’éloignait des pratiques plâtrées et physiologiques adoptées par les structures syndicales conventionnelles au Brésil, tout en élargissant la compréhension de la « classe ouvrière », la rendant plus hétérogène et soulignant le besoin de reconstruction et d’humanisation de nos villes.

Grâce à mes amis et collègues militants, j’ai pu rencontrer certains des leaders de ce mouvement, qui sont rapidement devenus de bons amis et, surtout, des références dans la lutte. Ensemble, nous avons développé (de manière amatrice et sans ressources) une petite websérie intitulée « Fala Informal » (« Discussions informelles »), où les travailleurs de l’économie informelle ont parlé de leur vie, impactée par les inégalités sociales, les préjugés, les violences policières et les le déni des droits humains et constitutionnels – quelque chose que j’en suis venu à appeler « l’existence informelle ».

Depuis, je ne suis pas séparé des luttes menées par les vendeurs de rue, que j’ai commencé à suivre de plus près en participant aux actions menées dans la rue et en apportant de l’aide à la communication de l’UNICAB. Il est de plus en plus clair pour moi que le journalisme et la communication sont des domaines fondamentaux de discussion d’idées et de transformation sociale qui doivent être développées par les travailleurs pour refléter leurs besoins de manière inclusive et radicalement démocratique.

Personnellement, je n’ai jamais appris à faire de grandes choses, à part écrire et raconter des histoires. Aujourd’hui, je vois que les seules idées qui valent sont celles qui déstabilisent l’ordre des choses. Je ne rêve plus d’écrire pour des enseignants à la retraite, mais d’aider les gens à raconter leurs propres histoires, afin de créer des récits collectifs et de nouvelles possibilités de vie.

Nancy Likiripa (ZCIEA – Zimbabwe)

Je m’appelle Nancy Likiripa. Je viens du Zimbabwe et j’ai 25 ans. Actuellement, je me prépare pour obtenir un diplôme en études du développement. Je suis également impatiente de poursuivre mes études sur le programme Master en Médias et Communication. En tant que membre de ZCIEA, j’ai été sélectionnée comme jeune reporter par StreetNet International.

J’ai réalisé que dans mon pays, beaucoup de jeunes sont engagés dans le commerce informel. Je suis aussi marchande ambulante. Je suis tellement passionnée par les travailleurs, notre sécurité et les droits des vendeurs de rue. La situation actuelle a provoqué une escalade des violations sur notre lieu de travail. J’ai réalisé que nos propres récits sont mieux compris lorsqu’ils sont expliqués par nous-mêmes. Être victime de violence dans nos espaces de marché m’a motivée à partager nos histoires comme une arme pour amplifier notre voix.

Je suis maintenant une lanceuse d’alerte lorsqu’il s’agit des droits des vendeurs informels, et j’ai réussi à engager les autorités locales et les responsables pour de meilleurs marchés. Je me suis également engagé dans le journalisme citoyen pour créer suffisamment de preuves pour que nos voix soient entendues.

Parvin Alizade (Région Europe de l’Est et Asie Centrale)

Je m’appelle Parvin Alizadeh. J’ai longtemps travaillé comme enseignante. Après avoir postulé un emploi chez Xhidmat-Ish, j’ai entendu parler de l’organisation StreetNet. J’ai été agréablement surprise qu’il existait une telle organisation. J’étais également heureuse que l’Azerbaïdjan et notre organisation Xhidmat-Is soient membres de cette organisation. Je crois qu’en Azerbaïdjan, les droits des vendeurs de rue doivent être protégés, car leur nombre dans notre pays a toujours été élevé. Ils ont toujours vendu principalement des produits ruraux, des légumes et des fruits, principalement dans les rues de la ville. J’ai toujours pensé que leurs droits devaient être protégés.

Même enfant, en regardant les vendeurs de rue, je ressentais toujours une grande compassion vers eux. Par temps froid, lorsque les gens ordinaires travaillent dans des bureaux et après s’être précipités dans leurs maisons chaudes, les vendeurs de rue doivent résister au vent et au froid. Il faut rappeler qu’en Azerbaïdjan, à Bakou, les températures hivernales peuvent atteindre 1 Cº, aussi parce que Bakou est aussi appelée la « ville des vents’. Ces gens doivent supporter le vent, qui en moyenne est de 6,7 mètres par seconde et atteint parfois jusqu’à 30-40 mètres par seconde. Chaque fois que je rentrais de l’école en courant, je les regardais et ressentais de la compassion, m’arrêtant parfois pour acheter quelque chose, sachant que le besoin les fait endurer ce froid.

De plus, les besoins humains élémentaires de ces personnes ne sont toujours pas satisfaits. Ils ne peuvent pas manger normalement, ils sont obligés de boire et de manger dans la rue, la plupart d’entre eux sont affamés. En été, lorsque la température à Bakou atteint +42 °C, leur situation se voit compliquer. Ils souffrent d’insolation en vendant leurs produits dans la rue. A cette période, on peut les voir sur les axes différents qui réunissent les régions d’Azerbaïdjan. Ces situations sont devenues habituelles à tous les Azerbaïdjanais et à tous ceux qui viennent voir la ville et le pays. Comme toute autre personne humaine qui se met à leur place, je reconnais le rôle qu’ils assument.

Beaucoup de gens comprennent que ce type d’activité est le seul moyen de gagner le beefsteak pour tous ceux qui l’exercent, ainsi que le moyen de subsistance leur famille. Voyant leur état, j’ai toujours pensé qu’ils avaient besoin de soutien, mais mon soutien jusqu’à présent consistait uniquement à acheter leurs marchandises, je ne pouvais pas passer à côté d’une vieille dame qui vendait des bibelots ou autres produits acheter quelque chose. J’ai vu les regards des vendeurs de la rue, hommes grands et majestueux, qui attendaient qu’on achète quelque chose. J’ai toujours traité ces gens avec respect, car ils ne volent pas, ne mendient pas, ils vendent leurs produits partout où ils peuvent, tout en tolérant parfois des personnes différentes. Peu importe comment nous nous sommes désolés, mais tous les gens ne les traitent pas avec compassion. Parfois, les policiers, remplissant leurs fonctions, leur demande de quitter les lieux de commerce. Je suis très heureuse qu’aujourd’hui, grâce à votre organisation, j’ai l’opportunité de les aider, non seulement passivement, mais au moins, participer, d’une manière ou d’une autre, au processus d’amélioration de leurs conditions.

Je souhaite qu’ils soient unis en groupes, par exemple, groupe d’épiciers, groupe de vendeurs de légumes, etc. Cela permettrait d’entendre leurs problèmes et d’impliquer les autorités et les municipalités locales, en organisant des dialogues à deux ou à trois, à l’avenir. J’espère vraiment que si nous, moi inclus, pouvons améliorer leur condition d’au moins 1 %, je me sentirais un peu plus heureuse. Je suis très heureuse de rejoindre StreetNet et j’espère vraiment que nous pourrons faire au moins quelques pas et qu’avec nos efforts conjoints, nous pourrons améliorer les conditions des vendeurs de rue non seulement en Azerbaïdjan, mais aussi dans d’autres pays.

Stanley Diaz (FESTIVES – El Salvador)

Je m’appelle Stanley Diaz et je suis du Salvador, un pays situé en Amérique centrale.

Les droits des vendeurs de rue et des travailleurs de l’économie informelle sont une priorité pour moi, car l’économie informelle est l’un des piliers économiques des personnes les plus pauvres du pays, qui sont donc obligés de s’engager dans l’économie informelle pour survivre. Nous continuerons cette lutte jusqu’à ce que nous puissions parvenir à une vie digne pour tous dans l’économie informelle et à une loi qui protège ces travailleurs.

J’ai choisi d’investir et d’appartenir à l’équipe de communication pour que le pays et le grand public puissent avoir une réelle perception du travail dans l’économie informelle à travers des photos, des vidéos et des interviews, et pour assurer une réflexion plus consciente sur les sacrifices qu’ils font tous les jours.

Plamedie Kingualu Mavivana (LDFC – DR Congo)

En tant que travailleuse de l’économie informelle, je me soucie des droits des vendeurs de rue et des travailleurs de l’économie informelle car la survie de 90% des ménages en RDC dépend de l’économie informelle, qui leur permet de payer la scolarisation des enfants, les loyers et la santé de la famille.

Mon souci dans cette formation est de favoriser l’accès des travailleurs « invisibles », comme les vendeurs ambulants, à une couverture santé sûre car ils sont exposés aux accidents.

J’ai choisi la communication comme un autre moyen de défendre le droit des vendeurs de rue et des travailleurs de l’économie informelle, car la communication est un moyen de défendre nos idées. À travers la communication, nous pouvons entrer en contact avec le monde et revendiquer les droits des vendeurs de rue, car les médias sont la 4ème puissance d’un pays.

En choisissant la communication comme une autre défense des droits des vendeurs de rue et des travailleurs de l’économie informelle cette communication est un moyen par lequel nous pouvons exprimer nos idées pour entrer en contact avec le monde pour revendiquer les droits des vendeurs car la communication est le 4ème pouvoir de un pays.

Grâce à la communication, nous pouvons transmettre des informations et former les vendeurs de rue sur la façon de promouvoir leur travail invisible grâce à des outils de communication.

La communication nous aide à atteindre les clients pour lutter contre la baisse des bénéfices ; il nous permet de nous connecter avec le public instantanément.

Parmi mes nombreuses réalisations, je suis surtout fier de prendre des photos et de faire des vidéos.

Uthman Kaisi (MUFIS – Malawi)

Je m’appelle Uthman Kaisi et je suis né à la périphérie de la ville de Blantyre en août 1999. Je suis le plus jeune d’une famille de huit personnes, dont je ne connais que six. J’ai passé la majeure partie de ma vie dans le village de Sigerege. Différentes circonstances se sont produites dans ma vie et m’ont conduit à ce chemin dans lequel je me trouve.

J’ai grandi dans une famille dont le pourvoyeur, mon père, travaillait dans une entreprise au centre de la ville. L’argent qu’il gagnait mensuellement n’était même pas suffisant pour payer les frais de scolarité pour nous tous. Qu’en est-il des besoins de base ? Cette vie a causé beaucoup de stress à mon père et à toute la famille. Je me souviens que ma mère faisait des gâteaux africains, également connus sous le nom de Zigumu dans la langue locale, pour aider à soutenir la famille. J’ai terminé mon école primaire sans trop de problèmes financiers, car cela nécessitait une petite somme d’argent et mes bons résultats scolaires m’ont permis d’accéder à d’autres choses comme des cahiers.

Malgré mes visions d’avenir et mes bonnes intentions de poursuivre des études secondaires, plusieurs circonstances ont influencé mon chemin. J’ai été dévasté de ne pas pouvoir réaliser mes rêves. Tout ce dont j’avais besoin était de terminer mes études secondaires et de faire partie du quatrième pouvoir, les médias. Comme mon rêve était d’être journaliste, je lisais de nombreux articles différents chaque fois que je le pouvais. Mais, surtout, j’écoutais la radio parce que nous en avions une chez nous. L’histoire d’un vagabond, d’un voyou et d’un vendeur qui a conduit à un changement de loi m’a encouragé à poursuivre mon rêve.

J’ai pensé que j’avais moi-même la perspective de changer et de rendre visibles les droits des travailleurs de l’économie informelle. L’économie informelle contribue grandement au développement du pays, pourtant le rôle de ceux qui y travaillent est toujours sous-estimé. Ils répondent aux besoins d’un grand nombre de clients issus des classes sociales modestes et moyennes et contribuent de manière significative à l’économie. Beaucoup d’entre eux génèrent également des revenus pour les villes grâce au paiement de permis, de droits et d’autres types de taxes.

A travers mon expérience sur la façon dont l’économie informelle est considérée, j’ai réfléchi à la manière de défendre les travailleurs de l’économie informelle, car beaucoup de gens ne savent pas à quel point l’économie informelle est importante pour l’ensemble de l’économie. Ce dont ils ont besoin, c’est de leur donner cette connaissance. Ainsi, la communication est le meilleur moyen de défendre les travailleurs de l’économie informelle contre les malversations et d’éduquer les gens afin qu’ils puissent mieux comprendre les problèmes.

J’ai toujours rêvé d’être l’un des praticiens des médias. Même si j’ai traversé de nombreuses difficultés, je me suis heureusement retrouvé dans l’enseignement supérieur où j’étudie ce que j’ai toujours voulu. C’est aussi l’occasion de réaliser ce dont je rêvais : l’éducation civique et le changement des mentalités grâce aux médias.

Pearl Lawrence (KTB – Lesotho)

Une perle est un joyau de nature mystérieuse, caché et dissimulé. J’ai grandi avec de tels traits, lorsque j’avais si peur de me dévoiler et d’être entendue. Cependant, la même vie m’a appris à exprimer mes inquiétudes et à ne pas me laisser apprivoiser. Une chose que j’ai apprise, c’est que les perles ne sont jamais faites pour être cachées, elles suintent avec tant de profondeur qui n’attend qu’à être explorées.

En outre, j’ai été exposée à des informations sur les actualités dans le monde dès mon plus jeune âge. Ayant un père journaliste et une mère qui travaillait pour la banque nationale, l’accent a été mis sur la connaissance de ce qui se passait dans le monde et des problèmes auxquels il était confronté. La maison était remplie de livres sur les dirigeants politiques, de littérature africaine, de journaux. Etant une personne très curieuse, j’avais toujours hâte d’explorer, de me faire plaisir et de poser mille questions en ignorant que je deviendrais une passionnée de macroéconomie.

Je suis titulaire d’un BA (Hons) en commerce international de l’Université de technologie créative de Limkokwing et j’avais un titre d’ambassadrice des étudiants. J’ai passé trois ans à l’institution et j’ai appris que le leadership n’implique pas seulement la possibilité d’occuper un poste plus élevé, mais surtout de servir le peuple. Cela est devenu le motif dominant de ma carrière et de mon parcours de leadership et m’a appris à être humble. Cela m’a aidé à acquérir les compétences de base pour pouvoir travailler sous pression, à être plus fiable et responsable, à garder une avance sur les situations et à les prévoir correctement.

En tant que chercheuse universitaire, je me suis épanouie dans des opportunités de recherche indépendantes telles que ma thèse de dernière année qui portait sur l’impact socio-économique de la mine de diamant de Letseng sur les communautés locales de Mokhotlong. La recherche m’a mis au défi d’exécuter de grandes compétences analytiques, d’investigation et de pensée critique. De plus, j’ai pu créer un mouvement nommé « She’s Outta Your League » (SOYL) qui se concentre sur l’un des objectifs de développement durable des Nations Unies concernant l’autonomisation des femmes. Il vise à leur donner une plate-forme pour exprimer leurs préoccupations sociales et, par leur activisme, éradiquer le fait d’être apprivoisée par le chauvinisme sociétal. De plus, il aborde l’autonomisation d’une manière unique qui oriente les femmes vers l’indépendance financière grâce à des programmes de mentorat en entreprise et de santé financière.

Grâce à cela, j’ai pu démarrer mon entreprise de produits de beauté, Tupperware, en tant que vendeuse informelle et expérimenter les défis et les inégalités rencontrés dans le pays. Avec l’opportunité de plaidoyer pour StreetNet, je consacrerai mon expérience à assurer un enrichissement économique du Lesotho et j’ai l’intention de développer des réseaux mondiaux grâce à une participation active aux programmes nécessaires à ma contribution au développement du Lesotho à l’avenir. De plus, je vise à me consacrer au pays et à Khathang Tema Basotho (KTB) en ce qui concerne le commerce informel et à m’impliquer dans la négociation et la réforme des politiques des vendeurs de rue, assurer le développement économique et la croissance afin de permettre l’inclusion, améliorer le niveau de vie des Basotho, éradiquer la pauvreté et l’instabilité au Lesotho et en Afrique, en général.