Un vendeur de rue violemment attaqué à Accra, au Ghana, a du mal à payer les factures médicales pour le traitement des blessures infligées par les autorités locales

Par StreetNet Media
18 octobre, 2021
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Le jeudi 15 juillet 2021, des hommes armés en uniforme du service de police du Ghana, dans le style que l’on peut décrire comme un style de guérilla, ont brutalement agressé Monsieur Solomon Ansah, un vendeur de rue, âgé de 32 ans, marié et père de trois enfants. Selon Solomon, son seul crime pour lequel le service de police a rapidement répondu avec justice instantanée était celui de la vente dans les rues en face du centre commercial Palace, situé sur la route Spintex, qu’il exerçait pour nourrir sa femme et ses trois enfants. Cet acte cruel infligé par la police ghanéenne et l’assemblée municipale de Ledzokuku Krowor s’est produit au moment où la femme de Solomon devait accoucher leur quatrième enfant. Il s’agit d’un acte cruel commis par les représentants des deux autorités ghanéennes dont plusieurs d’entre nous pourraient dire que leur mandat consiste à protéger les droits des personnes faibles et vulnérables.

Nous, membres de la Confédération syndicale, Union des associations de travailleurs informels, UNIWA, du Ghana, condamnons ces actes de brutalité infligés à Salomon par ces hommes en uniforme lourdement armés du service de police ghanéen, habilement assistés par certains fonctionnaires de l’Assemblée municipale de Ledzokuku Krowor. Les lois ghanéennes sont claires sur la façon dont les citoyens doivent être traités s’ils sont soupçonnés d’avoir commis un crime. Les droits humains fondamentaux de Monsieur Solomon Ansah, vendeur de rue, comme ceux de tous les autres travailleurs au Ghana, sont prévus par la Constitution ghanéenne. Le service de police du Ghana et l’assemblée municipale de Ledzokuku Krowor ne peuvent donc pas tenir ses droits fondamentaux comme acquis.

L’UNIWA du Ghana (Confédération syndicale) en tant que syndicat engagé dans la promotion et la protection des travailleurs informels, y compris les vendeurs de rue, a déjà compati avec Solomon et sa famille. Nous faisons également tout ce qui est en notre pouvoir pour l’aider à demander réparation auprès des autorités compétentes du Ghana.

Les vendeurs de rue au Ghana sont confrontés à une myriade d’inconvénients. Les dures réalités économiques, associées à la diminution des opportunités d’emploi au Ghana, continuent de pousser beaucoup de nos jeunes dans la rue pour chercher de meilleurs moyens de survivre. La vente dans la rue, très populaire dans les cantons urbains, fournit quotidiennement de la nourriture à de nombreuses familles pauvres. Les vendeurs de rue vendent de tout, des chaînes pour chiens, des pommes, d’eau en sachets, des œuvres d’art et de beaucoup d’autres choses. En tant que forme alternative de subsistance, cette activité a également tenu plusieurs à l’écart du crime et d’autres vices sociaux.

Cependant, l’avènement de la pandémie de Covid-19 a aggravé la situation de nombreuses personnes, notamment celles du secteur informel dont les vendeurs de rue. Selon un rapport publié par le Congrès des syndicats du Ghana en décembre 2020, le développement du virus au Ghana et les mesures de confinement ont eu un impact négatif sur les entreprises, les emplois, les revenus et les autres moyens de subsistance de millions de personnes à travers le pays. Les effets sont encore destructeurs surtout dans le secteur informel où les revenus sont faibles et irréguliers. C’est pourquoi un vendeur de rue comme Solomon Ansah et bien d’autres résistera à toute tentative visant à réduire leurs efforts pour joindre les deux bouts.

Au Ghana, bien qu’ils contribuent de manière significative à l’économie, les travailleurs informels sont impuissants devant les lourdes actions de la police et des autorités locales. Les vendeurs de rue ont donc été maltraités et agressés avec très peu de considération pour leurs droits humains. Le petit capital que beaucoup d’entre eux ont réussi à économiser a été exhorté par les fonctionnaires de la ville. Beaucoup de leurs biens ont été saisis et d’autres volés. Leurs étals ont été détruits alors ils cherchent à survivre dans les rues du Ghana. Plusieurs d’entre eux ont été brutalement battus et même mutilés comme dans le cas de Solomon Ansah.

Nous continuerons à exhorter les vendeurs de rue à rejoindre l’UNIWA pour faire entendre leur voix à travers la Confédération syndicale du Ghana. Nous voulons assurer tous les travailleurs informels, en particulier les vendeurs de rue au Ghana, que nous sommes avec eux dans cette lutte. Il existe des lois inscrites dans la constitution pour protéger leurs droits humains. Nous participons activement à la révision de la loi ghanéenne sur le travail N° 651 (loi de 2003) pour garantir la protection complète des droits au travail des travailleurs informels. Nous promouvons et protégeons les intérêts de tous les travailleurs informels, y compris les vendeurs de rue, et continuerons de saisir les autorités en place et de veiller à ce que ces droits soient respectés. Le harcèlement à l’égard des vendeurs de rue doit cesser maintenant !

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