L’économie sociale et solidaire : pourquoi est-elle importante pour les travailleurs de l’économie informelle

Par StreetNet Media
8 décembre, 2023
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Du 14 au 16 novembre 2023, StreetNet a organisé un atelier international sur l’économie sociale et solidaire au Brésil. Les participants ont eu l’occasion de mieux connaître les uns les autres et d’apprendre davantage sur l’importance de cette économie pour les organisations de travailleurs de l’économie informelle.

Une priorité croissante dans l’agenda du mouvement syndical

Ces dernières années, le mouvement syndical a vu une augmentation de l’importance de l’économie sociale et solidaire. Selon la résolution adoptée en juin 2022, la Conférence internationale du Travail l’a considérée comme une solution viable pour rééquilibrer les objectifs économiques, sociaux et environnementaux. En 2023, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution sur la « Promotion de l’Économie sociale et solidaire au service du Développement durable ».

Lors du 7ème Congrès international au Rwanda, StreetNet a également adopté une résolution actualisée sur l’économie sociale et solidaire. La résolution vise à apporter un soutien aux affiliés dans la création d’unités d’économie sociale et solidaire comme les coopératives. « Les coopératives sont un moyen de libération, affirme le vice-président Alberto Santana, les membres d’une coopérative s’engagent à s’améliorer constamment en investissant leurs ressources. De plus, il s’agit d’un outil démocratique, car tout le monde est impliqué et se responsabilise mutuellement ».

L’ouverture de l’atelier international a démontré l’importance de ce sujet pour le mouvement syndical. Elle a été marquée par les interventions d’Ari Aloraldo de la Centrale syndicale du Brésil, d’Ivan Gonzales de la Confédération syndicale des Amériques (CSA-TUCA), de Gilberto Carvalho, secrétaire d’État auprès du Secrétariat national pour la solidarité et l’économie populaire du ministère du Travail du Brésil, et de Simel Ensim de l’unité des coopératives au BUT.

Une occasion de réflexion et d’apprentissage

Anastasie Chodation, Jorge Peralta et Marta Santoyo, membres du Conseil international, présentent les résultats de leurs réflexions lors de l’atelier

L’atelier a été marqué par la présence des membres du Conseil international et des affiliés ayant une expérience dans le développement d’unités d’économie sociale et solidaire : SEWA (Inde) et FIWON (Nigeria). Il a également réuni des organisations alliées ayant de précieuses pratiques à partager, notamment l’Union des travailleurs de l’économie populaire – UTEP (Argentine) et le Mouvement national brésilien des collecteurs de matériaux recyclés – MNCR. Leandro Morais, du Groupe de travail inter-agences des Nations Unies sur l’Économie sociale et solidaire (UNTFSSE), est aussi intervenu devant les participants avec des présentations.

La présidente Lorraine Sibanda avec les intervenants Jaya Vaghela et Alex Cardoso de SEWA et MNCR (Mouvement national des récupérateurs de déchets) et l’organisateur régional Patrick Kane

Les participants ont trouvé cela très utile pour comprendre tout le travail effectué dans le monde. Savita Patni de SEWA (Inde) a trouvé cela incroyable. « Lors de cet atelier organisé par StreetNet, j’ai compris que dans divers pays, différentes organisations se battent pour les droits des travailleurs et réussissent à les obtenir, et je diffuserai cette information à toutes mes consœurs de SEWA à mon retour dans mon organisation », a-t-elle déclaré.

« Il est essentiel de s’enrichir de leçons tirées des autres pays et de comprendre que nous ne sommes pas seuls », ajouta Yvonne Aparicio de l’UTEP (Argentine).

De plus, nous avons eu la chance de visiter Coopamare, une coopérative impressionnante de collecteurs de déchets située à São Paulo, au Brésil. Nous avons vu de premières mains la différence que cela peut faire lorsque les travailleurs se rassemblent pour créer des alternatives d’économie sociale et solidaire aux systèmes qui les excluent.

Participants à la coopérative Coopamare à São Paulo

Le début d’un travail important au bon moment

Selon Federico Parra, un expert en économie sociale et solidaire de WIEGO, qui a animé une partie de l’atelier, incontestablement de nombreux affiliés se concentrent déjà sur l’économie sociale et solidaire. Il pense que StreetNet peut protéger les intérêts des vendeurs de rue au niveau des organisations clés, comme l’OIT ou l’ONU. « Il est donc crucial de partager ces expériences de StreetNet avec d’autres réseaux mondiaux de travailleurs de l’économie informelle, ajouta-t-il, et l’avenir de l’économie sociale et solidaire doit être fortement soutenu par StreetNet à tous les niveaux ».

Participants à l’atelier discutant ensemble

L’élaboration d’une stratégie de StreetNet pour l’économie sociale et solidaire a été le point culminant de l’atelier international. Cette stratégie prévoit que StreetNet joue un rôle de conseil auprès des affiliés et facilite l’échange d’informations. Nous pouvons également contribuer à l’apprentissage de pair à pair entre les organisations affiliées. Notre travail ne fait que commencer et assurément, ce travail sera une priorité pour les années à venir !

Célébration du 14 novembre – Journée internationale des vendeurs de rue

Le 14 novembre, nous avons eu la chance de célébrer ensemble la Journée internationale des vendeurs de rue au Brésil. Lors de notre célébration, nous avons pu écouter la présidente Lorraine Sibanda, le vice-président Alberto Santana et le secrétaire Jamaladdin Ismayilov, ainsi que deux femmes leaders de l’UNICAB, notre affilié au Brésil, Márcia Medeiros et Valdina Silva. L’intégralité de la cérémonie en direct, animée par Mwijuka Jesca, membre du Conseil international, est disponible sur YouTube.

Participants à la célébration du 14 novembre, Journée internationale des vendeurs de rue

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